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Philippe De Troy : Un homme dans le vent

Philippe de Troy est plus qu’un passionné de voile. Ce militaire aujourd’hui retraité a parcouru les mers et océans du monde entier à la recherche d’une émotion jamais démentie. Souvenirs et projets se mêlent pour enrichir une histoire de vie étonnante. Rencontre…

Philippe de Troy. Si nous débutions par une présentation…

« J’ai  fait carrière dans l’Aviation, ce qui m’a emmené à changer souvent de lieu de résidence. J’ai été caserné à Koksijde, Bruxelles, Forest et Saint-Trond. Je naviguais un peu lorsque je suis arrivé à la base de Koksijde. J’avais mon propre bateau. Au début, je naviguais presque tous les jours, surtout en semaine, c’était plus calme. Assez rapidement, je me suis mis à la compétition. J’ai commencé en 1974. En 1978, je faisais mon premier championnat du monde. J’y ai terminé avant dernier.»

Pourquoi ne pas avoir fait carrière dans la Marine ?

« Car les gens qui travaillent sur un bateau la semaine, ont envie de faire autre chose le week-end. »

Vous êtes navigateur, en quoi consiste cette fonction sur un bateau ?
« C’est celui qui trace les routes, détermine la position du bateau.  A l ‘époque, il n’y avait pas de GPS, c’était un boulot beaucoup plus difficile car finalement on n’a extrêmement peu de point de repère. »

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Après votre participation au championnat du monde, qu’avez-vous fait ?

« Dans le cadre d’une équipe nationale militaire en formation, je suis passé sur un bateau en 1980 chez un des plus grands navigateurs belges de l’époque « Staf Versluys » avec lequel j’ai eu l’occasion de faire la course autour du monde en 1980. Une aventure extraordinaire mais coûteuse. J’ai d’ailleurs dû revendre mon bateau, ma caméra, mon appareil photo, pour rassembler l’argent. »

En 1984, vous décidez de racheter un bateau…

« J’ai racheté le « Snoopy » de mon frère. J’ai navigué à son bord jusqu’en 2004. Avec ce bateau je suis parti à la découverte de la Mer du Nord jusqu’en Ecosse. J’ai approché les frontières du Danemark. La côte sud de l’Angleterre et la côte française jusqu’à Arcachon n’ont plus de secret pour moi. »

Ayant exploré tout ce qui était possible dans le rayon d’action normale de votre bateau, avez-vous eu envie d’aller plus loin ?

« Je n’ai jamais traversé les océans avec ce bateau car il n’est pas adapté pour ces traversées. J’ai loué un monocoque de 10 mètres quand ce fut nécessaire. Je suis allé en 1987 jusqu’au Cap Nord en croisière, en 1988 jusque en Islande et en 1989 jusqu’au Sénégal. »

La compétition ne vous manquait pas ?

« Si mais il a fallu du temps, après mon tour du monde pour remettre à niveau un bateau capable de faire de la compétition. Au début des années nonante, j’ai remporté tout les titres nationaux dans ma classe en gagnant à peu près une course sur deux, y compris des courses comme Oostende - Elgoland de plus de 500km. J’ai également participé à une course océanique internationale vers les Açores, à bord d’un bateau emprunté. J’ai remporté la seconde étape avec 20 minutes d’avance. A l’échelle d’une course de neuf jours, une telle avance équivaut à une longueur de bateau gagnée chaque heure. J’ai finalement terminé troisième au classement général. »im01

La voile est un sport qui comporte quelques risques. Jamais eu peur d’une tempête ?

« J’ai vécu trois jours d’enfer au passage du Cap Horn. Nous avons essuyé des vents supérieurs à 120 km/h durant trois jours. J’ai vu des vagues plus hautes que le mât du bateau qui atteignait 20 mètres. Un bateau fonctionne de façon optimale entre 20 et 60 km/h de vent, mais tout dépend de la taille du bateau et de la plage de vent pour laquelle il a été conçu.  Dans certaines régions du monde, les marins refusaient délibérément d’apprendre à nager pour éviter de souffrir en cas d’accident. Aujourd’hui, nous sommes, notamment, obligés de porter un gilet de sauvetage. On essaye toujours d’éviter de se trouver au mauvais endroit. Heureusement, nous disposons aujourd’hui des prévisions météo pour 4 ou 5 jours, qui nous permettent de parcourir de longues distances pour trouver un abri. »

Au-delà des voyages et de l’aventure, vous vous passionnez pour la technique…

« Je me suis spécialisé dans la jauge du bateau dès mes premiers pas en compétition. Il s’agit, en fait, d’effectuer le contrôle technique d’un navire. Aujourd’hui, je suis le directeur technique au niveau mondial pour les bateaux de 5,5 mètres, ce qui me donne l’occasion de voyager un peu partout en Europe.
En novembre dernier, j'ai obtenu une qualification de "mesureur international" qui me permet de faire des contrôles techniques de voiliers de course et de certifier de nouveaux modèles à la demande des constructeurs.  D'où de nombreux voyages en Pologne (Lodz), en Russie (St-Petersbourg et Moscou) et en Espagne (Huelva). 
Je suis aussi devenu, en février 2008, le président de l'association internationale de la classe "Micro", et tout en conservant la qualification internationale, je prépare actuellement mon successeur à la tête de la commission technique

Comment s’occupe un jeune retraité aussi dynamique ?

« Je donne cours aux jeunes. Je vais normalement travailler avec les Scouts marins de Seneffe qui cherchent quelqu’un d’expérimenté pour l’utilisation d’un bateau qui doit être restauré. Heureusement, j’ai une très bonne expérience dans la mise au point de bateaux de course, l’entretien, la restauration et même la construction. J’ai récemment participé à la réalisation de l’outillage et à la construction d’un bateau de 11,5 mètres.  Propriétaire d'un (vieux) voilier de compétition depuis juin 2007, je l'ai remis en condition et j'envisage un programme de compétition assez chargé pour 2008, avec en point d'orgue une participation au Championnat du Monde, à Sopot près de Gdansk (28/06-5/07) et au Championnat International de Moscou (22-24/08).   »

Site web de Philippe De Troy:  www.detroy.org